Habiter, c’est dire ici est une archive collective qui explore ce que signifie habiter lorsque l’espace devient transitoire, incertain, à peine un contour qui nous soutient. En introduisant de nouveaux lieux, vous générez une carte non seulement de trajectoires personnelles, mais aussi de différentes manières d’habiter et de demeurer.
Le site propose que l’habitation n’est pas seulement une question d’espace physique, mais une pratique qui nous constitue comme sujets sociaux, rendant visible comment l’acte de s’installer, d’acquérir des objets ou simplement d’occuper un lieu devient une partie de notre identité.
Explorez la carte et découvrez ce que les autres utilisateur·rice·s ont partagé. Chaque point représente un espace habité par quelqu’un : passage, trace ou installation. N’hésitez pas à écrire, effacer, vous souvenir, oublier.
Les schémas de mobilité résidentielle en Europe présentent un contraste notable avec ceux observés dans d’autres régions du monde. Des enquêtes comparatives dans seize pays européens suggèrent qu’une personne vivant en Europe déménagera environ quatre fois au cours de sa vie. Des études plus localisées montrent des variations nationales : aux Pays-Bas, par exemple, les données statistiques de 2021–2022 situent la moyenne plus près de sept déménagements au cours d’une vie, soulignant comment des dynamiques internes telles que le marché du logement, la culture locative ou les systèmes de protection sociale influencent différemment la mobilité.
Alors que l’étude People on the Move d’Eurostat (2020) situe la mobilité européenne contemporaine principalement dans le contexte des migrations transfrontalières, de l’éducation, du travail et du tourisme, elle ne mesure pas directement les relocalisations résidentielles ; néanmoins, elle confirme que cette mobilité prend de plus en plus d’ampleur et d’importance.
Les recherches démographiques montrent également que les déménagements sont les plus fréquents au début de l’âge adulte, particulièrement entre 25 et 30 ans, lorsque les individus quittent le foyer parental, poursuivent des études supérieures ou répondent aux opportunités du marché du travail. À des étapes plus tardives de la vie, la mobilité tend à se stabiliser, reflétant à la fois l’accumulation de liens sociaux et les contraintes de la propriété ou des baux de longue durée.
Ce projet vous invite à inscrire votre propre trajectoire dans cette cartographie plus large. Chaque déplacement — qu’il soit éphémère ou durable — porte en lui des souvenirs de passage, de trace ou d’installation. En participant, vous contribuez à une archive collective qui rend visibles les manières dont nous habitons et ré-habitons l’espace.
Souvenez-vous des lieux qui ont marqué votre parcours. Partagez-les sur la carte et voyez comment ils résonnent avec ceux des autres. Appuyez sur le bouton pour commencer votre contribution et rejoignez cette exploration partagée de la façon dont nous habitons, nous déplaçons et nous souvenons.